Neuroatypie adulte : HPI, TDAH, TSA, quand on comprend enfin pourquoi on se sent différent
Beaucoup d’adultes neuroatypiques découvrent leur fonctionnement sur le tard : parfois après des années à se sentir trop ou pas assez. Trop sensible, trop dans la lune, pas assez organisé, pas assez sociable, ou au contraire épuisé par les efforts permanents de paraître comme tout le monde.
Le haut potentiel intellectuel (HPI), le trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) et les troubles du spectre autistique (TSA) sont des fonctionnements différents, mais ils partagent souvent ce point commun : un fossé parfois immense entre ce qu’on vit à l’intérieur et ce qu’on parvient à montrer à l’extérieur.
Le coût du décalage : compenser, masquer, s’adapter
Ce décalage a un coût. On apprend à compenser, à masquer, à s’adapter sans relâche : c’est ce qu’on appelle le camouflage, ou le masking. Et ça fonctionne souvent très bien, pendant longtemps. Jusqu’au jour où ça ne suffit plus : épuisement, sentiment d’imposture, relations compliquées, nombreux changements professionnels incompréhensibles au regard des compétences réelles, et un entourage qui ne comprend pas.
C’est souvent à ce moment-là, parfois après un burn-out, parfois à l’occasion du diagnostic de son enfant, que l’hypothèse de la neuroatypie émerge enfin, parfois après des décennies à chercher une explication ailleurs.
Un chemin que je connais aussi personnellement
C’est un chemin que je connais aussi personnellement, car j’ai moi-même reçu un diagnostic de TDAH et de TSA à l’âge adulte, après des années à chercher pourquoi je fonctionnais différemment sans pouvoir l’expliquer. Ce vécu nourrit, je crois, une forme de compréhension particulière de ce que traversent mes patients neuroatypiques : pas comme un modèle à suivre, mais comme un repère. On peut comprendre tard et tout de même se reconstruire pleinement.
Diagnostic à l’âge adulte : entre soulagement et tristesse
Recevoir ce diagnostic à l’âge adulte produit souvent un mélange de soulagement et de tristesse. Soulagement de comprendre enfin cette vie régie par l’irrégularité dans tous les domaines. Et tristesse de toutes ces années passées à se sentir différent, à ne pas rentrer dans un moule, à ne pas être comme les autres, à être compliqué, jamais comme il faut.
Ce que la thérapie peut apporter
L’accompagnement d’un adulte neuroatypique ne vise pas à corriger un fonctionnement différent, mais à apprendre à vivre avec : le comprendre, l’accepter, et trouver ce qui va aider à mieux le vivre.
- Mettre des mots sur un vécu jusque-là confus, pour soi comme pour l’entourage.
- Distinguer ce qui relève du fonctionnement neuroatypique de ce qui relève d’une histoire personnelle, sans tout réduire à un diagnostic.
- Alléger le poids du masking, en identifiant où et avec qui il est encore nécessaire, et où il ne l’est plus.
- Adapter l’environnement plutôt que de forcer l’adaptation de soi : au travail, dans le couple, dans la parentalité.
- Faire le deuil du soi imaginé, celui qu’on pensait devoir être, pour construire une identité plus fidèle à ce que l’on est réellement.
Les profils neuroatypiques sont les bienvenus au cabinet : la thérapie individuelle s’adapte à votre fonctionnement, à votre rythme et à votre sensibilité.
Faire le premier pas
Magali Noyau, thérapeute en psychothérapie, vous accompagne en visioconférence, où que vous soyez. Un premier échange permet de faire connaissance et de poser vos questions, simplement et sans engagement.


