La solitude : Une solitude choisie ou un isolement subi ?

Beaucoup de patients me contactent car ils n’ont personne à qui se confier : ce sont souvent des expatriés qui sont loin de leur famille et de leurs amis. La solitude touche tous les âges et toutes les catégories socio-professionnelles mais pas seulement chez les expatriés. Ça m’a donné envie de creuser ce thème de la solitude. Être seul n’est pas forcément un signe de mal-être. Pour certaines personnes, la solitude peut même devenir une vraie ressource. Mais quand les liens sociaux se raréfient, l’équilibre peut basculer. L’enjeu est donc de profiter de ses moments en solitaire tout en gardant des relations qui comptent vraiment.

Annuler une sortie pour rester chez soi, ou apprécier les moments où personne ne nous sollicite, n’a rien d’inquiétant. On parle alors de « solitude choisie » : un temps passé seul volontairement, non pour fuir les autres, mais pour se retrouver, faire une pause et recharger ses batteries.

Ce retrait temporaire peut apaiser le système nerveux et favoriser la clarté mentale. L’activité importe peu (lire, cuisiner, méditer, marcher). L’essentiel est qu’elle procure du calme et que la solitude soit réellement choisie.

Une étude parue dans Scientific Reports, menée pendant 21 jours auprès de 178 personnes, apporte une nuance. Passer plus de temps seul peut augmenter le sentiment de solitude certains jours. Mais lorsque ces moments sont choisis, ils peuvent aussi réduire le stress. Pour faire la différence, l’article propose un indicateur simple : comment on se sent après. Reposé, apaisé et plus disponible, ou plutôt triste et isolé ?

 

Quand commencer à s’inquiéter ?

Le problème n’est pas d’être seul, mais de ne plus vraiment choisir de l’être.

  • Selon une étude, 12 % des Français vivent en situation d’isolement relationnel, sans contacts réguliers avec leur entourage. Les personnes sans emploi sont particulièrement concernées.
  • Les personnes isolées se disent en moyenne deux fois plus malheureuses.
  • Chez les jeunes, on estime qu’environ 15 % des collégiens et 20 % des lycéens ressentent un fort sentiment de solitude.

Quand l’isolement s’installe, les conséquences peuvent se faire sentir. On évoque alors une association avec la dépression, l’anxiété et les troubles du sommeil. Une solitude prolongée aurait aussi des effets sur l’organisme : elle mobiliserait certains mécanismes cérébraux impliqués dans la douleur et pourrait perturber le système immunitaire.

Une autre etude a par ailleurs associé un isolement social important à une hausse d’environ 30 % du risque de mortalité. L’article en conclut que les relations sociales ne sont pas un simple « plus » pour le bien-être : elles participent aussi à la santé.

 

Les bons réflexes

Il n’est pas nécessaire de multiplier les sorties ni de voir du monde en permanence. L’objectif est de trouver le bon équilibre, car on peut avoir besoin de solitude tout en gardant des liens réguliers. De petits rendez-vous suffisent à maintenir un lien social : un appel à un proche, un café avec un ami, quelques mots avec un voisin ou un collègue, une activité pratiquée chaque semaine.

Il faut surtout rester attentif à ses besoins et à ses comportements. Trois signaux ne doivent pas être banalisés :

  • éviter systématiquement les autres ;
  • des moments seul qui se transforment en longues périodes de rumination ;
  • une perte progressive de l’envie de faire des choses.

Dans ce cas, on conseille d’en parler à un proche, à un professionnel de santé ou à une structure d’écoute.

 

En résumé :

  • En France, un habitant sur quatre se sent souvent seul.
  • Un temps pour soi, encadré par quelques liens de qualité, peut soutenir le bien-être émotionnel et l’autonomie.
  • Des pensées qui tournent en boucle, un retrait progressif ou la disparition des contacts peuvent révéler qu’une solitude jusque-là bénéfique commence à peser. Prenez rendez-vous pour en parler. Vous n’êtes pas seul.

Magali Noyau

Thérapeute en psychothérapie

Un espace d’écoute pour adultes, adolescents, couples et familles, dans un cadre chaleureux et confidentiel.

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