La dépendance affective

Quand aimer fait plus peur que de ne pas être aimé

La dépendance affective ne se voit pas toujours de l’extérieur, elle peut même ressembler à de la passion, à un grand amour, à quelqu’un qui aime fort. Mais à l’intérieur c’est souvent autre chose qui se joue : une peur permanente de perdre l’autre, un besoin presque vital d’être rassuré, validé par l’autre, et une angoisse qui s’installe dès que la relation semble se distendre même légèrement. Je reçois beaucoup de personnes en consultation qui se sentent dépendants affectivement et qui veulent changer cet aspect de leur personnalité.

Ce n’est pas une question de manque d’amour-propre au sens où on l’entend souvent. C’est plus profond, c’est l’idée parfois inconsciente que sans l’autre, on n’existe plus tout à fait. Alors on s’adapte, on anticipe ses humeurs, on renonce à des envies pour ne pas déplaire, on tolère ce qu’on ne devrait pas tolérer, pas par faiblesse mais parce que la perspective de la rupture est vécue comme un danger presque vital.

La dépendance affective s’installe souvent tôt, parfois dès l’enfance, dans la façon dont on a appris ou pas à se sentir en sécurité dans une relation. Elle se rejoue ensuite presque malgré soi dans les relations adultes : on choisi parfois sans le vouloir des partenaires qui confirment ce schéma qu’ils soient distants, instables, ou parfois sécures, mais perçus comme menaçant dès qu’ils prennent de la distance.

Ce que la thérapie peut apporter

Travailler sur la dépendance affective ne consiste pas à apprendre à moins aimer. Il s’agit plutôt de comprendre pourquoi aimer fait si peur et de retrouver une sécurité intérieure qui ne dépend plus uniquement du regard ou de la présence de l’autre.

La thérapie peut vous aider à identifier l’origine de ce schéma souvent lié à l’histoire d’attachement précoce sans pour autant s’y enfermer comme une fatalité. La thérapie peut aider à repérer les pensées et les comportements automatiques (anticiper, contrôler, s’effacer) qui entretiennent la dépendance sans qu’on en ait toujours conscience.

La thérapie permet de différencier l’amour du besoin de réassurance, deux choses qu’on confond souvent quand on est dans ce mode de fonctionnement. Reconstruire une sécurité intérieure qui ne repose plus uniquement sur la présence ou l’approbation de l’autre. Choisir des relations différemment une fois que le schéma est identifié plutôt que de le reproduire sans s’en rendre compte. On arrête de chercher la validation chez les autres, on retrouve une paix intérieure pour avancer plus sereinement et arrêter de répéter les mêmes schémas.

Magali Noyau

Thérapeute en psychothérapie

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